INTERVIEW AVEC LE DR PATRICK VIDAL

Une autre façon de prendre en charge les urgences
au quotidien

Vous êtes à l’initiative de ce projet pilote. Comment vous est venue cette idée innovante ?

Etant médecin urgentiste, j’ai participé pendant trois ans à la permanence de soins et à la prise en charge des urgences sur le chantier de Disneyland Paris, puis j’ai occupé un poste d’assistant aux Urgences et au SMUR de l’hôpital de Lagny (77), avant de devenir responsable de l’unité des urgences. En 2004, j’ai étté nommé chef de service des urgences à l’hôpital Simone Veil (95).
L’ensemble de ce parcours m’a permis de connaitre de l’intérieur les différentes problématiques des urgences. En présentant, un projet du type « Soins Immédiats » au Cosem, je voulais proposer une alternative aux services d’urgence tels que nous les connaissons aujourd’hui. Ce projet vient donc comme l’aboutissement d’une réflexion menée depuis des années sur les possibilités d’amélioration de l’accueil et de la prise en charge des patients en urgence.

Cela existe-t-il dans d’autres pays ?

Oui, ce type de structure existe dans d’autres pays notamment aux Etats-Unis. En effet, j’ai eu l’occasion de visiter un des six centres de New York et de rencontrer un des responsables de ce type de structure qui est devenu une alternative à l’hôpital et reste un gage de qualité pour la population new yorkaise.

Comment allez-vous présenter l’Urgence dans un centre de jour ? N’est-ce pas antinomique ?
Comment allez-vous vous organiser ?

« Soins Immédiats » au Cosem n’a pas vocation à être un énième service d’urgence mais un centre de santé qui propose une autre façon de prendre en charge les urgences du quotidien, les pathologies médicales et traumatologies les plus courantes ; celles qui sont évaluées de faibles et/ou moyennes gravité.
Pour être précis, nous soignons des pathologies du quotidien comme entorses de cheville, traumatismes divers, plaies, douleur abdominales, coliques néphrétiques, voire les accidents de travail… Ce type d’urgence, qui se retrouve dans les services d’urgences traditionnels, ne sont pas prioritaires devant les urgences graves et subissent des retards de prise en charge que nous pouvons éviter. Cette structure intermédiaire peut apporter un réel bénéfice pour les patients.

Vous distinguez urgences faibles à moyennes et vitales, où se situe la frontière ? Et si l’urgence s’avère grave, vous me laissez tomber ? En fait, vous êtes en opposition frontale avec l’hôpital ?

Absolument pas, bien au contraire. Nous nous inscrivons dans une logique de complémentarité dans l’offre de soin actuelle. Pendant que nous prendrons en charge les patients relevant des urgences faibles et moyennes, nous libérons du temps et des locaux pour les patients relevant de l’urgence vitale et/ou grave accueillis par les services d’urgence hospitaliers. De ce fait, les patients seront alors les premiers bénéficiaires de cette nouvelle mise à disposition de moyens. Il s’agit de recentrer l’activité des différentes structures et ainsi accueillir la population dédiée à chacune d’elle. Nous proposons au Cosem, pour ce type de patient, un accueil adapté par des urgentistes et une diminution des temps d’attente.
En ce qui concerne les patients identifiés comme grave ou nécessitant une prise en charge complémentaire de type chirurgicales (fracture, appendicite aigüe, occlusion) ou médicale (infection pulmonaire, asthme, infarctus du myocarde), évidemment nous ne les oublions pas. En effet, chaque patient bénéficiera d’une prise en charge adapté à son état et à ses attentes. C'est à ce moment que la collaboration avec l’hôpital ou des structures privées sera effective. Le Cosem s’engage à trouver la réponse en rapport avec l’état du patient.

D’autres structures de proximité ont-elles été sollicitées ?

« Soins Immédiats » est installé dans un nouveau centre de santé, au centre de Paris, avec une situation géographique idéale, des moyens de transports nombreux et variés donc une accessibilité maximale.
Très rapidement, il est prévu une communication de proximité et des rencontres avec les responsables des structures aux alentours (commissariats, hôtels, grands magasins, Opéra, établissements privés, mairie de Paris…)