Insuffisance cardiaque

Quand le muscle du cœur ne pompe pas suffisamment de sang, on souffre alors d’une insuffisance cardiaque (IC). Touchant plus d’un 1 million de français, l’IC est une maladie handicapante, évolutive et irréversible. Au début, au stade I de la maladie (selon la classification clinique NYHA), de simples difficultés respiratoires sont ressenties à l’effort uniquement. A terme, au stade IV, la gêne est ressentie aussi repos et évolue jusqu’à rendre impossible la plupart des activités de la vie courante. Maladie chronique, l’évolution de l’IC peut être stabilisée par les traitements, une hygiène de vie et une activité physique adaptés.

Quasi toutes les affections cardiovasculaires peuvent aboutir à une IC : insuffisance coronarienne (y compris les séquelles d’infarctus), hypertension artérielle, les valvulopathies et les troubles du rythme…. De par ses répercussions sur tout l’organisme et en particulier sur l’équilibre hydrique, l’IC n’est pas qu’une maladie du cœur.

Le ralentissement de la circulation entraîne une stagnation et une accumulation du sang dans les vaisseaux. La pression sur les parois augmente et provoque un passage de liquide vers les tissus se traduisant par des œdèmes. L’œdème des poumons se traduit par une gêne respiratoire (= la dyspnée) jusqu’à l’insuffisance respiratoire.

Signe précoce et souvent révélateur, la dyspnée est le principal signe fonctionnel d’une IC. Elle peut se manifester soit à l’effort, soit en décubitus (= en position allongé) ou soit de manière paroxystique. La dyspnée d’effort s’apprécie sur le nombre d’étages ou sur la distance en marche normale ou rapide qui déclenche l’essoufflement. La dyspnée de décubitus oblige à dormir en position semi-assise et s’évalue par le nombre d’oreillers utilisés. La dyspnée paroxystique, quant à elle, est une crise d’essoufflement qui peut prendre des aspects très variés mais qui survient volontiers pendant les premières heures du sommeil. Une dyspnée, même limitée, n’est pas normale, il faut consulter.

Quelques soient les symptômes (dyspnée, fatigue, toux, œdèmes, tachycardie…), le diagnostic d’IC repose sur l’échographie cardiaque. L’échocardiographie met non seulement en évidence des déformations anatomiques cardiaques (épaississement de la paroi cardiaque, déformation des valves, zone du cœur qui se contracte mal….) mais elle permet aussi de quantifier l’IC en mesurant la fraction d’éjection ventriculaire gauche. D’autres examens (électrocardiogramme, bilan des reins…) sont prescrits pour apprécier l’étendue des dommages liés à l’IC.